Mauvais réveil pour la monnaie unique. L’euro a glissé lundi 5 octobre jusqu’à 1,1161 dollar pendant la séance asiatique. Il retrouve ainsi son niveau de mai 2025, après quatre semaines de baisse d’affilée. La défiance a d’abord frappé la dette de Paris. Son assurance contre le défaut a bondi de 40 % en une semaine. Le doute gagne désormais la devise que la France partage avec ses voisins. La suite concerne donc quiconque détient des euros, du bitcoin ou les deux.
- La monnaie unique a connu une chute inquiétante, atteignant 1,1161 dollar, un niveau jamais vu depuis mai 2025, tandis que la dette française a attiré l’attention des cambistes en Asie.
- La BCE possède un outil de protection contre les crises, mais la dette française n’en bénéficie pas, exacerbée par un déficit budgétaire et une instabilité politique avant les élections présidentielles.
L’euro à 1,116 dollar, la France dans le viseur des cambistes
Singapour, lundi matin. Les salles de marché asiatiques ont ouvert la semaine en vendant de l’euro contre à peu près tout. La devise perdait 0,68 % face au dollar à 1,1176, rapporte Reuters. Elle cédait aussi 0,5 % face au franc suisse et 0,39 % face à la livre sterling. Or quand une monnaie recule contre trois autres le même matin, le problème est chez elle.
Le coupable s’appelle le « spread ». C’est la prime que Paris paie en plus de Berlin pour emprunter à dix ans. Il a fini la semaine dernière à 140 points de base, soit 1,4 point de pourcentage. Vendredi en séance, il avait pourtant dépassé 150 points, du jamais-vu depuis fin 2011. Le bond atteint 34 points en cinq séances. D’ailleurs, LSEG n’avait pas enregistré de hausse hebdomadaire aussi forte depuis 17 ans. Lundi matin, il remontait déjà entre 145 et 148 points sur TradingView. Dans le même temps, les contrats à terme sur la dette française frôlaient encore leurs plus bas historiques. Ceux sur le Bund allemand montaient, car l’argent reste en zone euro mais déménage de Paris vers Berlin.
Chris Weston dirige la recherche du courtier Pepperstone. Son conseil aux parieurs du rebond tient donc en sept mots : « Ne vous mettez pas devant le train. »

La BCE a un bouclier anti-crise, la dette française n’y a pas droit d’office
Vous pensez que Francfort finira par racheter la dette française, comme en 2012 ? L’outil existe. Depuis juillet 2022, la Banque centrale européenne dispose de l’instrument de protection de la transmission (TPI). Il l’autorise à acheter sans plafond fixé d’avance les obligations d’un pays attaqué sur les marchés.
Le mode d’emploi tient dans le communiqué publié par la BCE le 21 juillet 2022 et pose quatre conditions. La première porte sur les règles budgétaires européennes. Un pays en procédure pour déficit excessif doit ainsi prouver qu’il applique les mesures demandées par le Conseil. Or la France est dans cette procédure depuis juillet 2024. Son déficit atteindra 5,4 % du PIB cette année pour une dette à 119 %. Surtout, l’outil est réservé aux paniques que les comptes du pays ne justifient pas.
Le calendrier politique n’arrange rien. Le gouvernement défend en effet un effort affiché de 54 milliards d’euros pour 2027 devant une Assemblée sans majorité. La présidentielle d’avril arrive pourtant dans six mois. Brent Donnelly préside la société d’analyse Spectra Markets. Selon lui, ces promesses budgétaires sont peu crédibles puisque le pouvoir va bientôt changer de mains.
Tout le monde ne crie pas à la crise de l’euro pour autant. Ninghui Liu, stratégiste chez State Street Investment Management, parle plutôt d’une histoire française. Il rappelle aussi que le marché ne réagit que depuis une semaine. Si la tension montait, l’Allemagne interviendrait d’après lui pour préserver l’Union.
(btc)
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Le dollar rafle la mise, Bitcoin ne profite pas de la chute de l’euro
Le gagnant du jour est le dollar. Son indice face à six grandes devises grimpe de 0,47 % à 102,37. Le taux américain à dix ans le soutient à 5,26 %. Il touchait encore un sommet de 24 ans la semaine dernière. Pourtant, l’emploi de vendredi a déçu avec 29 000 créations de postes en septembre contre 90 000 attendues. Le marché donne donc 78 % de chances à un statu quo de la Fed fin octobre. Cette probabilité était de 36 % une semaine plus tôt. Les traders attendent toujours une hausse de taux en décembre.
Bitcoin n’a pas joué les refuges. Il s’échangeait autour de 85 800 dollars lundi vers 10 heures. Son pic de septembre reste à 87 354 dollars. Il reste environ 32 % sous son record d’octobre 2025.
Regardez plutôt le prix du bitcoin converti en euros. À 1,1176 dollar pour un euro, un BTC coûte environ 76 800 euros. Ainsi, chaque centime perdu par l’euro face au billet vert ajoute près de 700 euros à la facture française. Et cela sans que le cours en dollars bouge d’un iota.
La Fed rend sa décision le 28 octobre et la BCE le lendemain. Entre-temps, le spread français reste le thermomètre à surveiller : 140 points vendredi, contre 106 une semaine plus tôt. Vendredi déjà, les paris sur la Fed ont fait caler Bitcoin sous 87 000 dollars en quelques heures.
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