Un tweet, deux visions du monde. Changpeng Zhao a résumé en une phrase le débat qui agite les investisseurs depuis des mois : faut-il miser sur l’intelligence artificielle ou sur Bitcoin ? Pour le cofondateur de Binance, la réponse tient à un critère simple. L’une promet de la croissance, l’autre défend votre pouvoir d’achat. Et un seul de ces deux actifs plafonne son offre à 21 millions d’unités.
Points clés
- CZ a publié le 16 juillet sur X : l’IA ne protège pas contre l’inflation, Bitcoin oui
- Les méga-IPO de l’IA (SpaceX, SK Hynix, CXMT) pourraient drainer un montant record de 160 milliards de dollars de liquidités
- Le marché crypto sort de trois trimestres consécutifs dans le rouge, sa plus longue série baissière
- Un chiffre d’inflation plus faible que prévu a suffi à renvoyer le bitcoin au-dessus de 65 000 dollars
« Bitcoin, si » : la réponse de CZ au match de l’année
Le message est tombé le 16 juillet sur X.
« L’IA, c’est génial, mais elle ne vous protège pas contre l’inflation. Bitcoin, si. »
Changpeng Zhao (CZ), cofondateur de Binance, sur X
La sortie n’a rien d’improvisé. Depuis des semaines, les investisseurs se demandent si les dépenses colossales de l’IA et sa vague d’introductions en bourse ne sont pas en train de vider les poches du marché crypto. CZ lui-même citait ce phénomène au printemps parmi les causes de la faiblesse des cours cette année.
En mars, alors que le BTC glissait vers 68 000 dollars, il le qualifiait déjà d’« actif dur » au même titre que l’or. Et sur le podcast Galaxy Brains, il relativisait la correction d’environ 50 % en la comparant aux chutes de 80 % des cycles passés, avant de conclure : « Pour moi, il n’y aura jamais de « stratégie de sortie » en crypto ».
Les méga-IPO de l’IA aspirent les liquidités
Si CZ monte au créneau, c’est que l’adversaire frappe fort. Wall Street s’attend à une année record avec près de 160 milliards de dollars levés en introductions en bourse (IPO) aux États-Unis. SpaceX vise à lui seul 75 milliards de dollars sur une valorisation de 1 750 milliards, tandis qu’OpenAI et Anthropic préparent leur propre arrivée sur les marchés. La demande cumulée de ces trois dossiers représenterait jusqu’à quatre fois l’ensemble des IPO américaines de 2025.
La démonstration de force continue : le fabricant de mémoires SK Hynix a vu sa cotation américaine de 24,5 milliards de dollars sursouscrite plus de sept fois, pendant que le chinois CXMT levait 4,3 milliards à Shanghai. En face, les actifs numériques sortent de trois trimestres consécutifs dans le rouge, leur plus longue série baissière, et les IPO crypto sont au point mort. Jusqu’aux mineurs de bitcoins qui changent de camp : TeraWulf hébergera les centres de données d’Anthropic dans le cadre d’un contrat de vingt ans.
L’argument anti-inflation reprend des couleurs
L’ironie de la séquence : au moment même où l’IA rafle la mise, un chiffre d’inflation américaine plus doux que prévu a suffi à renvoyer le bitcoin au-dessus de 65 000 dollars. Les traders le traitent donc bel et bien en actif macroéconomique, sensible au prix de la monnaie. L’argument structurel plaide dans le même sens : les champions de l’IA se financent par des levées de capitaux à répétition, donc par la dilution continue de leurs actionnaires, quand l’offre de BTC reste gravée dans le code, quel que soit le rythme de la planche à billets.
Le doute commence d’ailleurs à gagner Wall Street. Chez BlackRock, Rick Rieder réduit l’exposition du gestionnaire aux entreprises les plus directement dépendantes de l’IA, au profit de celles qui bénéficieront de sa croissance sans en porter les valorisations vertigineuses. CZ, lui, ne varie pas d’un iota : en février, il jugeait un bitcoin à 200 000 dollars « la chose la plus évidente au monde ». Entre ce pari et les cours actuels, la marge de progression dépasse les 200 %. Le fondateur de Binance a déjà prévenu qu’il ne comptait pas vendre.
L’article « L’IA ne vous protège pas contre l’inflation. Bitcoin, si » : CZ tranche le duel de l’année est apparu en premier sur Journal du Coin.

BNB (@cz_binance)