Montagnes russes en lingots. Le métal jaune n’aura pas mis longtemps à confirmer qu’il vit la même année chaotique que le reste des marchés. En effet, l’or a grimpé de 4,5 % ce mercredi, jusqu’à près de 4 255 dollars l’once en séance, ajoutant environ 1 300 milliards de dollars à sa valeur totale sur la journée. Un rebond spectaculaire qui ne suffit pourtant pas à effacer la chute des derniers mois : le métal reste encore 24 % sous son record absolu, atteint fin janvier à 5 589 dollars. Un décalage qui rappelle que la trajectoire de l’or et du bitcoin n’a plus grand-chose à voir depuis le début de l’année.
- L’or a connu une hausse spectaculaire de 4,5 % en une journée, atteignant 4 255 dollars l’once, tout en restant bien en dessous de son record de janvier.
- La chute de l’or depuis son sommet historique reflète une année instable, exacerbée par les tensions géopolitiques et l’évolution des politiques monétaires.
Du record de janvier à la pire dégringolade en un siècle
Fin janvier 2026, en pleine escalade des tensions entre les États-Unis et l’Iran, l’or avait franchi les 5 000 dollars puis grimpé jusqu’à son sommet historique de 5 589,38 dollars. La suite a été beaucoup plus rude.
Le métal a ensuite enchaîné sa pire phase baissière depuis les années 1920, perdant près de 18 % depuis son pic, jusqu’à repasser sous la barre symbolique des 4 000 dollars au printemps. Le rebond de ce mercredi ramène l’once dans une zone qu’elle n’avait plus revue depuis plusieurs semaines, sans pour autant effacer sept mois de correction.
Taux, dollar : ce qui a changé en vingt-quatre heures
Le déclencheur du rebond tient en deux mots : taux et dollar. Le marché price désormais une probabilité de 87 % d’une baisse de 25 points de base des taux directeurs de la Fed, portée par des signaux plus mous sur l’emploi américain et un ralentissement de l’inflation dans les services.
L’indice dollar (DXY) est passé sous la barre des 102 points, son plus bas niveau depuis plusieurs semaines. Un double mouvement qui profite mécaniquement à l’or, un actif qui ne rapporte aucun rendement et qui devient donc plus attractif quand les taux réels reculent et que le billet vert s’affaiblit.
Bitcoin, le grand absent de ce rebond
Pendant que l’or bondissait de 4,5 % en une séance, le bitcoin évoluait presque à plat, toujours autour de 64 200 dollars, un niveau proche de celui affiché la veille. Ce découplage n’a rien d’un accident isolé : selon les analystes de JPMorgan, le bitcoin ne bénéficie pas des mêmes flux de capitaux que l’or lorsque les anticipations de taux changent brutalement. L’or capte l’essentiel des arbitrages liés à la politique monétaire, quand le bitcoin reste davantage sensible aux cycles de risque qu’aux décisions de la Fed prises isolément.
La comparaison sur l’année entière nuance ce contraste immédiat. Depuis le début de 2026, l’or comme le bitcoin ont connu des séquences de forte volatilité rythmées par les mêmes événements géopolitiques, preuve qu’aucun des deux actifs n’a définitivement tranché le débat sur le statut de valeur refuge.
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L’or bondit de 4,5 % à 4 255 $ l’once, ajoutant environ 1 300 milliards $ à sa valeur totale sur la séance, soit la valeur totale de la capitalisation de Bitcoin !
Le métal reste toutefois près de 24 % sous son record de janvier, atteint à 5 597 $.