Or, cuivre, uranium : la tokenisation des matières premières change de dimension

La blockchain a donné à l’or une utilité qu’il n’avait pas prévue. Celle de collatéral (une garantie mobilisable pour emprunter ou couvrir une position), mobile et disponible 24 heures sur 24. L’or tokenisé ouvre la marche, mais le cuivre, et même l’uranium, commencent à suivre le même chemin.

En effet, ce qui n’était qu’une curiosité de niche il y a deux ans s’impose désormais comme une classe d’actifs à part entière, portée par une demande institutionnelle bien précise : celle d’un collatéral liquide, disponible le dimanche soir comme un mardi à midi.

Les points clés de cet article :

  • La blockchain a transformé l’or en collatéral liquide, disponible 24/7, avec un marché des actifs tokenisés ayant triplé pour atteindre 7,5 milliards de dollars en juillet 2026.
  • Des métaux industriels comme le cuivre et l’uranium suivent cette tendance, malgré des capitalisations encore modestes, révélant une transformation profonde des marchés traditionnels.

Offre exclusive JDC : jusqu’au 31 août 2026, ouvrez votre compte Finst et recevez 50 € en Bitcoin !

<strong>Créer un compte Finst en 5 minutes</strong>
Créer un compte Finst en 5 minutes

L’or tokenisé, locomotive d’un marché qui a triplé en un an

Le chiffre a de quoi surprendre les sceptiques du secteur. En effet, le marché des actifs tokenisés hors stablecoins est passé d’environ 2 à 2,7 milliards de dollars mi-2025 à 7,5 milliards de dollars en juillet 2026, selon les données de CryptoRank relayées par Crypto Briefing.

Un triplement quasi complet en douze mois. L’or fait l’essentiel du travail : sa capitalisation tokenisée a franchi les 6 milliards de dollars dès février 2026, entraînant tout le secteur dans son sillage.

Deux jetons, Tether Gold (XAUT) et Pax Gold (PAXG), se taillent la part du lion, chacun adossé à des réserves physiques auditées, en Suisse pour l’un, sous supervision new-yorkaise pour l’autre. L’argument qui convainc les institutionnels tient en une poignée de mots : pas de minimum d’achat, pas de frais de coffre mensuels. Le token se négocie en quelques minutes, un dimanche soir comme un mardi midi.

Cuivre, lithium, nickel et aluminium, les matières premières industrielles cherchent leur XAUT

L’or seul ne fait pas un marché des matières premières. La catégorie élargie des matières premières tokenisées, argent et métaux industriels compris, dépasse désormais 4,4 milliards de dollars de valeur totale verrouillée (TVL, la somme des actifs effectivement déposés on-chain), d’après le décompte de DefiPrime publié en janvier 2026. L’argent y pèse environ 420 millions de dollars, porté par une hausse de plus de 140 % de son cours en 2025.

Le vrai test porte sur le reste : cuivre, lithium, nickel, aluminium. Ces métaux industriels ne pesaient qu’environ 75 millions de dollars de valeur tokenisée en 2025, à peine 1,5 % du total des matières premières on-chain. Dérisoire face aux marchés physiques du cuivre, qui se comptent en centaines de milliards de dollars chaque année. Mais l’infrastructure avance vite. Hyperliquid propose déjà des contrats perpétuels sur le cuivre, et Ostium Labs élargit son offre au palladium et au platine. De quoi transformer un métal qu’on négociait jusqu’ici sur les seuls marchés de gré à gré (over-the-counter, entre professionnels, sans passer par une bourse) en un actif accessible depuis un simple portefeuille numérique (wallet).

Catégorie Capitalisation / TVL Date
Or tokenisé plus de 6 milliards $ Février 2026
Argent tokenisé environ 420 millions $ Janvier 2026
Métaux industriels (cuivre, lithium, nickel, aluminium) environ 75 millions $ 2025
Marché total des actifs tokenisés hors stablecoins 7,5 milliards $ Juillet 2026
Source : DefiPrime (janvier 2026) et Crypto Briefing / CryptoRank (juillet 2026).

De l’uranium au collatéral liquide, pourquoi les institutions s’y mettent

L’exemple le plus parlant vient d’un secteur qu’on n’attendait pas sur la blockchain. Le projet XU3O8, lancé sur la blockchain Tezos avec le soutien du courtier réglementé britannique Archax, tokenise déjà de l’uranium physique destiné aux centrales nucléaires. La capitalisation reste anecdotique, à peine quelques millions de dollars. Tellement modeste qu’elle en devient presque le meilleur baromètre de la tendance. Après l’or et l’argent, même le combustible des centrales a désormais son ticker on-chain.

Cette logique dépasse largement la curiosité de collectionneur. Les marchés traditionnels ferment le vendredi soir et rouvrent le lundi matin, et un appel de marge tombe rarement à une heure pratique.

Avec un token adossé à de l’or ou à du cuivre, une institution déplace sa garantie en quelques secondes. Sept jours sur sept, sans attendre l’ouverture de la chambre de compensation (l’organisme qui valide et règle les transactions entre institutions financières). XAUT sert déjà de collatéral isolé sur Aave, le protocole de prêt décentralisé, ce qui permet d’emprunter contre son or tokenisé sans toucher au reste de son portefeuille.

Le rendement n’est pas ce qui attire les family offices et les trésoreries d’entreprise vers ces produits. La disponibilité, elle, l’est.

Le mouvement dépasse largement les trois métaux cités ici. La tokenisation des actifs du monde réel touche déjà les obligations d’État et l’immobilier commercial, et Citi anticipe un marché total de 5 000 milliards de dollars d’ici 2030. À cette échelle, cuivre et uranium ne représentent qu’un début. L’enjeu réglementaire, lui, arrive maintenant, et il ne concerne pas que l’or. Qui certifie que le lingot ou la tonne de cuivre existe vraiment derrière le token, et qui rembourse si le coffre est vide ? Sur ce terrain, les métaux tokenisés jouent la partie que les stablecoins ont jouée avant eux ; prouver que la promesse on-chain vaut ce qu’elle affiche off-chain.

Tradez plus de 400 cryptomonnaies en toute confiance grâce à une plateforme régulée, transparente et aux frais imbattables en France. Recevez 50 € en Bitcoin pour toute nouvelle inscription !

<strong>Rejoindre Finst</strong>
Rejoindre Finst

L’article Or, cuivre, uranium : la tokenisation des matières premières change de dimension est apparu en premier sur Journal du Coin.

0 0 votes
Évaluation de l'article
S’abonner
Notification pour
guest
0 Commentaires
Le plus ancien
Le plus récent Le plus populaire
0
Nous aimerions avoir votre avis, veuillez laisser un commentaire.x