Un divorce en étude. Starknet est un layer-2 d’Ethereum qui dispose d’un système poussé de vérification de ses preuves. Comme les zkEVM dont la vitesse a été jugée « gagnée » par Viltaik Buterin. Les détenteurs de STRK viennent d’autoriser l’exploration d’un autre chemin. Ainsi, 93,5% du pouvoir de vote s’est porté sur une transition vers une blockchain indépendante conçue pour résister aux ordinateurs quantiques.
Les points clés de cet article :
- Le scrutin porte sur 93,5% du pouvoir de vote exprimé sur la proposition de recherche.
- StarkWare doit publier un premier whitepaper en novembre avant tout vote décisif.
- Les preuves STARK s’appuient sur des fonctions de hachage, hors d’atteinte de l’algorithme de Shor.
- Le pont avec Ethereum et les contrats de vérification restent le maillon exposé au quantique.
Une recherche, pas une migration
Les détenteurs de STRK ont soumis la proposition via governance.starknet.io et validé sans suspense le lancement de travaux préliminaires. En effet, son objet reste strictement borné : financer des travaux sur un changement de statut du réseau.
Ainsi, aucun départ n’est acté, tandis que toute bascule effective devra repasser par un processus de gouvernance distinct avec un nouveau scrutin basé sur le document que StarkWare entend publier d’ici novembre.
Ce garde-fou importe autant que le résultat, car quitter Ethereum touche au pont canonique et aux contrats de vérification. Le rôle du jeton STRK serait également revu, lui qui sert déjà aux frais et au staking.
Pourquoi viser une chaîne anti-quantique ?
En effet, l’enjeu technique tient à une asymétrie de cryptographie. Les preuves STARK reposent uniquement sur des fonctions de hachage, sans courbe elliptique ni couplage bilinéaire. Elles échappent donc à l’algorithme de Shor, la méthode qui permettrait à une machine quantique assez puissante de remonter d’une clé publique vers sa clé privée.
Par ailleurs, un layer-2 n’est jamais plus solide que la chaîne qui l’héberge. Starknet fait vérifier ses preuves par des smart contracts déployés sur Ethereum, et ses fonds transitent par un pont dépendant des signatures classiques de la chaîne hôte.
De son côté, Bitcoin a déjà montré la fragilité du même maillon avec 6 millions de BTC exposés au quantique. Un coffre-fort numérique reste vulnérable si sa porte d’entrée est mal blindée.
Un rollup achète sa sécurité à Ethereum en payant la publication de ses données et la vérification de ses preuves. En devenant un layer-1, Starknet devrait financer son propre consensus et recruter ses validateurs, sans filet.
En effet, le réseau a déjà posé une partie de ces briques avec le staking de STRK. Il lui manque un modèle économique complet pour rémunérer des validateurs tout en restant attractif pour les développeurs.
Cependant, la tendance récente joue contre ce scénario. Plusieurs layer-1 sont venues se ranger sous Ethereum plutôt l’inverse, preuve que la sécurité louée coûte moins cher qu’une sécurité bâtie seul. Le calendrier d’Ethereum rend le pari encore plus discutable.
La Fondation travaille à durcir sa couche de consensus contre le quantique, et Vitalik Buterin a inscrit cette résistance dans la feuille de route du réseau. Ces chantiers se comptent en années, sans date ferme, ce qui explique le choix de ne pas les attendre.
Toutefois, l’essentiel des capitaux de Starknet dort toujours sur Ethereum, dans ses ponts et ses intégrations DeFi. Une chaîne neutre pourrait servir d’autres réseaux, y compris Bitcoin. Mais elle perdrait l’avantage d’être déjà là où se trouve la liquidité.
Désormais, le débat se joue donc sur un document à venir. StarkWare devra décrire en novembre le modèle de consensus d’une telle chaîne et le sort réservé au pont vers Ethereum. Starknet avait déjà mis 10 000 $ sur la table pour séduire ses utilisateurs, preuve que le projet cherche son autonomie depuis un moment.
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