La quête de nouvelles recettes a poussé l’État de l’Illinois à adopter une taxe de 0,2 % sur les transferts de cryptomonnaies dès 2027. Cette logique d’élargissement fiscal fait son chemin en Europe : un document de la Commission européenne met à l’étude un prélèvement de 0,1 % sur les transactions des 27 États membres. L’entrée en vigueur des nouvelles normes de transparence transforme les plateformes centralisées en points de contrôle, poussant les investisseurs à repenser le stockage de leurs actifs.

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La pression budgétaire pousse les États à taxer au-delà des profits
Le budget 2027 de l’Illinois inclut le Digital Asset Tax Act (SB3019). À partir du 1er janvier 2027, une taxe de 0,2 % s’ajoutera sur toute activité économique liée aux actifs numériques via un intermédiaire.
Le prélèvement s’opérera sur le mouvement, indépendamment de toute notion de plus-value. Un utilisateur qui transférera 1 000 dollars de Bitcoin entre son compte de trading et son coffre-fort sur la même plateforme paiera 2 dollars. S’il retire ces fonds vers un wallet, la plateforme prélèvera à nouveau 2 dollars. Taxer le déplacement lui-même ouvre une voie que les budgets sous tension peuvent suivre.
L’Europe cible d’autres bases avec la même finalité. Depuis le 1er janvier 2026, l’Italie applique un taux de 33 % sur les plus-values crypto. Le fisc italien prélève également une taxe annuelle de 0,2 % sur la valeur totale des actifs, qu’ils soient détenus sur une plateforme, ou en self-custody.
Les Pays-Bas redéfinissent aussi le capital imposable. La chambre basse néerlandaise a adopté en février 2026 un projet de loi pour réformer la Box 3. Ce texte, en cours d’examen au Sénat, prévoit d’intégrer les variations annuelles de valeur des cryptomonnaies dans le calcul du rendement imposable dès 2028. Cette mesure vise directement la plus-value latente.
En Allemagne, une proposition parlementaire des Verts suggère de supprimer l’exonération des gains après 1 an de détention. Le même tour de vis s’observe en France, où la flat tax sur les plus-values, crypto incluses, est passée de 30 à 31,4 % au 1er janvier 2026.
La Commission européenne évalue à 4 milliards d’euros les recettes des flux tracés
Un document interne de la Commission européenne, daté du 30 mai 2026, envisage l’instauration d’un prélèvement de 0,1 % sur les transactions crypto pour financer le budget de l’Union. Le principe est le même que celui de l’Illinois, mais porté à l’échelle du continent : un prélèvement qui vise la transaction elle-même.
Ce projet nécessiterait l’unanimité des 27 États membres. L’institution évalue les recettes potentielles jusqu’à 4 milliards d’euros par an, tout en qualifiant ses estimations de hautement incertaines face à la volatilité du secteur.
Taxer les transactions ou la détention exige une cartographie complète des flux financiers. Le règlement européen MiCA encadre le marché, avec une période transitoire pour les prestataires de services qui s’achève le 1er juillet 2026.
La directive DAC8 contraint l’ensemble du marché. Depuis le 1er janvier 2026, les prestataires européens relèvent les historiques de transactions de leurs clients et les livrent aux autorités fiscales, en application du standard CARF de l’OCDE.
Le projet fiscal européen compte utiliser ces flux de données obligatoires pour tracer précisément chaque mouvement. Les exchanges fournissent une vue détaillée des avoirs numériques de chaque client européen.
Conserver ses actifs sur ces plateformes centralisées expose directement l’investisseur à ces nouveaux dispositifs.
Quitter les terminaux de contrôle pour une épargne autonome
Les plateformes centralisées se transforment peu à peu en terminaux de reporting fiscal pour rester conforme aux règlementations. Reprendre le contrôle de ses clés privées via un hardware wallet permet de s’éloigner de cette collecte de données, et ainsi, retrouver une véritable souveraineté numérique.
Conserver un capital en dehors des plateformes permet également de faire fructifier ses avoirs à travers la finance décentralisée (DeFi). Il peut être judicieux d’exploiter ces protocoles avec des stablecoins pour viser des rendements à deux chiffres, sans jamais dépendre du cours d’une cryptomonnaie. La seule barrière reste l’accès à la bonne information.
Le Club 25%, c’est un club privé de 150 investisseurs qui gèrent leur épargne en stablecoins via la DeFi, avec un objectif de 15 à 25 % par an, sans trading, sans volatilité, en y consacrant quelques heures par trimestre.
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La perspective d’un prélèvement européen de 0,1 % conçu pour collecter jusqu’à 4 milliards d’euros par an confirme le changement de doctrine des États. Un capital qui dort sur un exchange centralisé perd un peu de valeur chaque jour face à l’inflation.
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