La Russie accélère le recours à son Fonds de richesse nationale (NWF) pour combler le déficit budgétaire creusé par la chute des revenus pétroliers et gaziers. Selon les données les plus récentes du ministère des Finances russe relayées par Trading Economics, les actifs liquides du fonds ont diminué à 3 620 milliards de roubles en avril 2026, contre 3 889 milliards en mars.
Ce fonds souverain, alimenté historiquement par les excédents énergétiques, sert de coussin en période de faiblesse des cours du pétrole. La tendance s’inscrit dans une érosion continue depuis le début du conflit en Ukraine.
- La Russie a accéléré l’utilisation de son Fonds de richesse nationale pour combler son déficit budgétaire, dû à la chute des revenus pétroliers et gaziers.
- En raison des tensions économiques et de la guerre en Ukraine, les réserves liquides du fonds ont subi une érosion continue, menaçant leur épuisement rapide si les prix du pétrole demeurent bas.
Russie et fond souverain : une baisse accélérée des réserves liquides
Avant l’invasion à grande échelle, le NWF disposait d’environ 113,5 milliards de dollars d’actifs liquides. Début 2026, ce montant avait fondu à environ 52,9 milliards de dollars, selon The Moscow Times. Les ventes d’or ont été particulièrement marquées : près de 60 % des réserves ont été écoulées, passant de 405,7 tonnes à 173 tonnes fin 2025.
En janvier 2026, le ministère des Finances prévoyait déjà des ventes quotidiennes record de yuans et d’or pour 12,8 milliards de roubles (environ 165 millions de dollars) entre le 16 janvier et le 5 février. Ce rythme dépassait les pics observés pendant la crise Covid. Les revenus pétroliers et gaziers ont plongé en 2025 à leur plus bas niveau depuis la pandémie, totalisant 8,4 billions de roubles, soit 2,5 billions en dessous des projections initiales.
Pour 2026, le budget table sur 8,9 billions de roubles de recettes énergétiques. Les analystes estiment cependant un manque à gagner compris entre 1,1 et 3 billions de roubles, en raison notamment du prix bas de l’Urals (environ 39 dollars le baril en décembre 2025 contre 59 dollars budgétés).
Le fonds souverain russe a ainsi perdu environ 60 à 65 milliards de dollars, et ses réserves d’or ont fondu de 60%.

Guerre en Ukraine : La Russie paye l’addition
Le déficit budgétaire russe reste élevé. Le gouvernement vise une réduction à 3,8 billions de roubles (1,6 % du PIB) en 2026, mais les estimations indépendantes tablent sur un chiffre plus important. Les actifs liquides totaux du NWF s’élevaient à environ 182,4 milliards de dollars en mai 2026, selon Trading Economics.
Cette ponction intervient alors que l’économie russe affiche des signes de tensions structurelles. Les dépôts des ménages atteignent des records, mais l’économie absorbe mal ces liquidités, créant un phénomène décrit comme une « éponge sèche » par certains analystes. Les entreprises privilégient le remboursement de dettes plutôt que les investissements, tandis que la consommation reste prudente.
La dépendance persistante aux hydrocarbures expose Moscou à la volatilité des marchés mondiaux. Malgré des ajustements budgétaires et une diversification partielle vers le yuan, les réserves du fonds s’amenuisent rapidement. Les experts mettent en garde : à ce rythme, les actifs liquides pourraient s’épuiser dans les mois à venir si les prix du pétrole restent bas.
La Russie fait face à un équilibre délicat entre maintien des dépenses (notamment militaires et sociales) et préservation de sa stabilité financière. L’évolution, à la fois, des cours de l’or noir dans un contexte de guerre en Iran et des sanctions internationales continuera de dicter l’ampleur des prélèvements sur ce matelas de sécurité jadis abondant.
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