Chine : 16 personnes détenues pour blanchiment via les cryptomonnaies

Police 1 – escrocs 0. Seize personnes ont été placées en détention en Chine pour leur participation présumée à un réseau de blanchiment utilisant des cryptomonnaies. D’après les informations relayées par la presse spécialisée, l’organisation recyclait les fonds provenant d’escroqueries téléphoniques en recrutant des particuliers disposés à fournir leurs cartes bancaires et leurs comptes de paiement. Les autorités décrivent une structure « familiale », dans laquelle les relations personnelles facilitaient le recrutement et la circulation de l’argent. Aucun montant, actif numérique ou réseau blockchain précis n’a toutefois été rendu public à ce stade.

Points clés

  • Seize suspects placés en détention en Chine pour le blanchiment en cryptomonnaies des produits d’un réseau de fraude téléphonique
  • Le circuit type : comptes bancaires loués, plateformes de fractionnement « paofen », puis conversion en USDT sur le réseau TRON
  • Depuis août 2024, une interprétation judiciaire chinoise range explicitement les transactions en actifs virtuels dans le champ du blanchiment
  • La traçabilité on-chain a permis la saisie record de 127 271 bitcoins liés au conglomérat cambodgien Prince Group
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Des comptes bancaires prêtés pour brouiller l’origine des fonds

Le réseau aurait utilisé des comptes appartenant à des particuliers comme première étape du blanchiment. Les sommes issues des escroqueries transitaient ainsi par plusieurs titulaires avant d’être converties ou déplacées à l’aide de cryptomonnaies.

Cette méthode permet aux organisateurs de rester à distance des premiers virements et de multiplier les intermédiaires. Les détenteurs des comptes peuvent recevoir une commission, mais s’exposent également à des poursuites lorsqu’ils savent que leurs moyens de paiement servent à transférer des fonds suspects.

Dans les affaires de fraude en Chine, les criminels utilisent régulièrement des comptes bancaires loués et des réseaux appelés « paofen », qui répartissent les fonds entre de nombreux comptes avant leur conversion éventuelle en cryptomonnaies.

La Cour populaire suprême reconnaît elle-même que ces outils sont devenus des vecteurs courants de blanchiment. Cela ne prouve cependant pas que les trois techniques aient toutes été employées dans cette affaire précise.

L’expression « familiale » ne signifie pas nécessairement que les 16 suspects appartenaient à une seule famille. Elle décrit plutôt une organisation fondée sur des proches et des relations de confiance, utilisée pour recruter des prête-noms et contrôler les comptes.

Seize personnes ont été placées en détention en Chine pour leur participation présumée à un réseau de blanchiment utilisant des cryptomonnaies. D’après les informations relayées par The Block, l’organisation recyclait les fonds provenant d’escroqueries téléphoniques en recrutant des particuliers disposés à fournir leurs cartes bancaires et leurs comptes de paiement. Les autorités décrivent une structure « familiale », dans laquelle les relations personnelles facilitaient le recrutement et la circulation de l’argent. Aucun montant, actif numérique ou réseau blockchain précis n’a toutefois été rendu public à ce stade.
Les autorités chinoises ont mis hors d’état de nuire un réseau d’escrocs qui blanchissait ses revenus grâce à la crypto – Source : Compte X

La Chine intègre désormais les cryptomonnaies à son arsenal antiblanchiment

Depuis 2021, la Chine continentale considère les services d’échange et d’intermédiation en cryptomonnaies comme des activités financières illégales. Cette interdiction n’a pas supprimé leur utilisation criminelle, mais a déplacé une partie des transactions vers des circuits informels ou des plateformes situées à l’étranger.

Le cadre pénal a d’ailleurs été précisé le 20 août 2024. Une interprétation commune de la Cour populaire suprême et du Parquet populaire suprême cite explicitement les transactions en « actifs virtuels » parmi les méthodes susceptibles de servir à transférer ou dissimuler des produits criminels. Le texte officiel permet donc de poursuivre plus directement la conversion de fonds frauduleux en cryptomonnaies.

La nouvelle loi chinoise contre le blanchiment, entrée en vigueur le 1ᵉʳ janvier 2025, a également renforcé les mécanismes de vigilance et de coopération entre les autorités. Le cadre officiel complète la loi contre la fraude téléphonique et en ligne, déjà utilisée contre la vente ou la location de comptes.

Cette arrestation illustre finalement un modèle hybride : les escroqueries naissent en ligne, mais leur blanchiment dépend encore de comptes bancaires bien réels et de particuliers recrutés comme intermédiaires. La cryptomonnaie constitue ici un outil de transfert présumé mais pas la source de la fraude.

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