La blockchain entre dans la salle des machines. IBM connecte sa plateforme Digital Asset Haven au registre partagé développé par Swift. Les banques pourront ainsi transmettre des instructions relatives à des dépôts tokenisés avec les formats de paiement qu’elles utilisent déjà, sans remplacer immédiatement leurs systèmes existants.
L’entreprise ouvre également une version locale de sa plateforme sur IBM Z et LinuxONE. Cette option vise les établissements qui souhaitent conserver leurs données et leurs clés dans leur propre infrastructure plutôt que de dépendre d’un cloud public.
Points clés
- IBM connecte Digital Asset Haven au registre partagé développé par Swift
- Un adaptateur ISO 20022 permet aux banques d’envoyer des instructions concernant des dépôts tokenisés
- Les actifs peuvent circuler en continu, tandis que le règlement final reste assuré par les systèmes de paiement traditionnels
- Une version locale fonctionne désormais en bêta sur les mainframes IBM Z et LinuxONE
IBM relie Digital Asset Haven au registre partagé de Swift
Lancée en octobre 2025 avec le spécialiste des wallets Dfns, Digital Asset Haven fournit aux banques, aux gouvernements et aux grandes entreprises les outils nécessaires pour conserver, transférer et administrer des actifs numériques. La plateforme regroupe notamment la gestion des wallets, la signature des transactions et les contrôles de conformité.
IBM lui ajoute désormais une connexion aux blockchains permissionnées, dont le registre partagé conçu par Swift. Un adaptateur de messagerie ISO 20022, encore en version bêta, traduit les instructions relatives aux dépôts tokenisés dans le langage déjà utilisé par les infrastructures bancaires.
Un dépôt tokenisé représente sur une blockchain une somme déposée auprès d’une banque. Il reste inscrit au passif de l’établissement émetteur et conserve donc son statut de dépôt bancaire. Il se distingue ainsi d’un stablecoin, dont la valeur dépend des réserves détenues par une société distincte.
Cette connexion permet de déplacer ces créances numériques 24 heures sur 24, y compris le week-end. Toutefois, le règlement définitif continue de passer par les systèmes traditionnels, comme T2 dans la zone euro ou Fedwire aux États-Unis. Swift conserve ainsi son rôle d’orchestrateur : son réseau transporte les instructions, mais pas directement la valeur.
La coopérative relie plus de 12 500 institutions financières dans plus de 200 pays et marchés. Plus de quarante établissements ont participé à la conception de son registre partagé, dont 17 ont rejoint le pilote lancé en juillet 2026. Citi, HSBC, BNP Paribas, UBS, Wells Fargo, Standard Chartered, BNY, DBS et MUFG figurent notamment parmi les participants.

Une version locale pour les mainframes des banques
La seconde annonce concerne le mode d’hébergement de Digital Asset Haven. Jusqu’ici proposée principalement sous forme de service, la plateforme peut désormais fonctionner directement sur les systèmes IBM Z et LinuxONE installés dans les centres informatiques des banques.
Cette version on-premises, également disponible en bêta, répond à une contrainte centrale du secteur financier. De nombreux établissements refusent de confier leurs clés cryptographiques, certaines données sensibles ou leurs opérations critiques à un cloud public. Un déploiement local leur permet de conserver ces éléments dans leur propre périmètre informatique.
IBM protège la gestion des clés avec ses modules matériels Crypto Express. Ces équipements isolent les opérations cryptographiques du reste du système et réduisent les risques d’extraction ou de manipulation des clés privées.
Cette approche rapproche les actifs tokenisés des infrastructures que les banques utilisent déjà pour leurs paiements, leurs bases de données et leurs contrôles internes. Elle évite également une reconstruction complète des systèmes existants : les établissements ajoutent une couche blockchain tout en conservant leurs procédures de conformité, de crédit et de gestion des risques.
IBM et Swift avancent sur un terrain déjà occupé par Kinexys de JPMorgan, Citi Token Services et le projet Agorá de la Banque des règlements internationaux. Leur proposition repose toutefois sur une combinaison particulière : un réseau bancaire mondial, des standards de messagerie déjà adoptés et des mainframes présents dans de nombreuses institutions. La blockchain s’ajoute ici à la plomberie bancaire sans remplacer immédiatement les canalisations existantes.
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