Il n’y a de certain en ce monde que la mort et les impôts. Un résident sud-coréen créancier d’une plateforme d’échange étrangère tombée en faillite en novembre 2022 pensait, comme beaucoup, que la disparition de l’exchange effaçait au passage ses obligations administratives. Comme si la faillite valait effacement total. Le fisc de Séoul a tranché l’inverse. Le compte reste déclarable, même vide, même gelé, même hors d’atteinte. Mauvaise pioche. Une décision qui tombe alors que la Corée du Sud referme méthodiquement les portes dérobées de sa scène crypto, une par une.
- Le fisc sud-coréen a statué que les comptes d’échanges en faillite restent déclarables, même s’ils sont gelés ou inaccessibles.
- La loi impose la déclaration obligatoire des comptes étrangers dépassant 500 millions de wons, même si les fonds sont dans une procédure de liquidation.
En Corée du Sud, la faillite n’efface pas la dette fiscale
Le National Tax Service (NTS, l’administration fiscale sud-coréenne) a rendu son interprétation le 28 août 2026, rapportée en exclusivité par Digital Asset. Le cas soumis : un résident désigné simplement « A » détenait des cryptomonnaies sur une plateforme étrangère en faillite depuis quatre ans, compte gelé, procédure de créance toujours en cours.
Le fisc tranche sans détour. L’obligation s’attache au compte, pas à la capacité d’y toucher. Vous avez ouvert un compte à l’étranger pour trader des cryptos ? Il reste sur les radars, faillite ou pas. Le National Tax Service ne détaille pas les pénalités encourues en cas d’oubli, il se contente de fermer la porte de sortie. L’obligation de déclarer, elle, semble increvable.

Le seuil des 500 millions de wons qui ne pardonne pas
La règle s’appuie sur la loi sud-coréenne relative à l’ajustement fiscal international, article 53. Dès que le solde combiné des comptes étrangers dépasse 500 millions de wons, soit environ 325 000 euros, un jour donné du mois, la déclaration devient obligatoire en juin de l’année suivante. Peu importe que l’argent dorme dans un exchange en pleine liquidation judiciaire.
Crypto.news rapproche ce dossier du naufrage de FTX, où des créanciers patientent depuis des années pour récupérer une fraction de leur mise. Même logique attendue côté coréen. Le compte existe sur le papier, même s’il n’existe plus dans les faits.
10 500 milliards de wons de cryptos déjà sous le radar du fisc
Les derniers chiffres de la déclaration annuelle des comptes financiers étrangers donnent la mesure du sujet : au total, 10 500 milliards de wons d’actifs numériques ont été déclarés cette année, dont 9 800 milliards détenus par des particuliers (+5,4 % sur un an) et 700 milliards par des entreprises (-61,1 %, sans explication officielle sur ce repli). Le total général, lui, recule de 5,4 % sur un an. Les particuliers compensent largement la fuite des entreprises. De son côté, l’administration fiscale garde un œil sur l’ensemble du dossier. Faillites comprises.
Cette clarification fiscale rejoint une série de mesures prises par Séoul depuis janvier 2026 : 29 exchanges étrangers évincés du Play Store, des certifications locales imposées aux plateformes offshore. La Corée du Sud a aussi durci ses règles crypto jusque dans la surveillance des marchés en temps réel, après les 620 000 BTC envoyés par erreur sur Bithumb en février. Où que dorme l’argent, le won garde un œil dessus. Faillite comprise.
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