Nouvelle semaine. Ce lundi 8 juin s’ouvre sur une nouvelle semaine géopolitique importante. Dans la nuit, l’Iran a lancé plusieurs salves de missiles en direction d’Israël, en représailles aux récentes frappes israéliennes. Trump appelle à la désescalade. Le KOSPI coréen plonge à l’ouverture. Et Bitcoin, après une brève chute sous les 60 000 dollars en fin de semaine, tente de tenir la tête hors de l’eau à 62 000$. Tour d’horizon d’une matinée sous tension.
- L’Iran a lancé des missiles sur Israël en représailles aux frappes israéliennes, provoquant des tensions géopolitiques importantes.
- Bitcoin a montré une résilience relative face à la panique géopolitique, malgré une chute initiale suivie d’un rebond.
Wall Street finit la semaine en sang : Nasdaq -4,2 %, S&P 500 -2,6 %
Avant même les missiles de cette nuit, les marchés américains avaient déjà sérieusement souffert vendredi. Le Nasdaq a chuté de 4,18 % vendredi 6 juin, sa pire séance depuis le choc des droits de douane d’avril 2025. Le S&P 500 a reculé de 2,64 % et le Dow Jones de 1,35 %.
Sur l’ensemble de la semaine, le Nasdaq a perdu 4,7 % et le S&P 500 2,6 %, mettant fin à une série de neuf semaines consécutives de hausse à Wall Street. Une belle série brutalement interrompue par deux catalyseurs simultanés.
Le premier : les chiffres de l’emploi américain. Comme nous l’analysions vendredi, les NFP de mai ont créé 172 000 emplois contre 85 000 attendus, quasi le double de l’estimation. Ce chiffre solide a immédiatement renforcé les anticipations d’une hausse de taux de la Fed, faisant fuir les capitaux des actifs risqués.
Le second : la déception autour des semi-conducteurs. La vague de ventes a été particulièrement intense sur les puces, notamment après que Broadcom a publié des perspectives décevantes sur ses puces IA. Nvidia a reculé de 6,20 % et est repassé sous le seuil symbolique de 5 000 milliards de dollars de capitalisation.
Ce double choc, macro et sectoriel, arrive dans un marché déjà fragilisé par les tensions géopolitiques et la correction Bitcoin. Ce lundi matin, les marchés européens ouvrent dans ce contexte de fin de semaine difficile, auxquels s’ajoutent désormais les missiles de cette nuit. Le cocktail n’est pas des plus réjouissants.
Iran-Israël : une nouvelle escalade qui change la donne
Selon les autorités israéliennes, plusieurs salves de missiles ont été tirées depuis l’Iran en direction de différentes régions du pays cette nuit. Au moins six personnes ont été légèrement blessées à Tel Aviv lorsqu’un missile a frappé une zone résidentielle. Des images diffusées sur les réseaux sociaux montrent des dégâts sur des immeubles et des voitures.
L’Iran a confirmé l’attaque via les Gardiens de la révolution, citant comme raison les attaques d’Israël au Liban. Téhéran a appelé Israël à éviter des représailles. De son côté, Trump a une nouvelle fois déclaré être « proche d’un accord » et a dit ne pas être satisfait des attaques israéliennes, qui n’auraient pas été coordonnées avec Washington.
Cette escalade intervient après un week-end sans aucune nouvelle de progrès diplomatique, et les marchés, qui craignaient une mauvaise surprise depuis vendredi, l’ont reçue en pleine nuit.

Chute de bitcoin puis rebond : le marché digère
Le comportement de Bitcoin cette nuit illustre un phénomène désormais bien documenté. Le BTC, qui se négocie 24h/24, 7j/7, agit comme une soupape de décompression pour le sentiment de repli sur le risque lorsque les marchés traditionnels sont fermés. C’est l’un des rares actifs liquides que les traders peuvent vendre quand le risque géopolitique explose en dehors des heures de marché habituelles.
La réaction initiale a été nette : Bitcoin a brûlé près de 2 % en quelques minutes après l’annonce des frappes. Mais la chute n’a pas dégénéré. Bitcoin a ensuite rebondi et progresse ce matin, semblant ignorer partiellement la panique géopolitique. Une résilience relative, mais qui s’inscrit dans un contexte de marché déjà fragilisé.
Car le BTC entre dans cette semaine avec des fondamentaux sous pression. Les ETF Bitcoin spot enregistrent leur plus longue série de sorties nettes jamais observée, avec 13 séances consécutives et 4,33 milliards de dollars de retraits. Le marché crypto est en « peur extrême » depuis plusieurs jours, le Fear & Greed Index restant en zone rouge.
Enfin, l’affaire Saylor, Strategy ayant vendu 32 BTC pour la première fois depuis 2022, a laissé des traces psychologiques sur la communauté la semaine dernière, comme nous l’analysions dans notre article sur les accusations de Cramer.
KOSPI, marchés asiatiques : la panique que Bitcoin évite
Si Bitcoin résiste tant bien que mal, les marchés actions asiatiques, eux, n’ont pas la même flexibilité. Le KOSPI coréen a plongé à l’ouverture ce matin, l’annonce Nvidia n’ayant pas suffi à stabiliser les marchés coréens. C’est un signal important : même une bonne nouvelle sectorielle majeure, les résultats Nvidia sont attendus comme un catalyseur, se noie dans la panique géopolitique ambiante.
Les marchés européens ouvriront dans quelques heures. Les futures américains sont en négatif. Tout dépend désormais de l’évolution diplomatique dans les prochaines heures, Trump cherche un accord, mais Israël semble agir indépendamment.
Une semaine de vigilance sur bitcoin et les cryptomonnaies
Trois éléments structurent la journée, et il faudra les surveiller. D’abord, la réaction des marchés européens et américains à l’ouverture, Bitcoin a déjà pricé une partie du risque, les actions non. Ensuite, toute déclaration de Trump ou des canaux diplomatiques sur un éventuel cessez-le-feu : on l’a vu ces dernières semaines, un tweet présidentiel suffit à déplacer le BTC de 2 000 dollars dans un sens ou dans l’autre. Enfin, la tenue ou non du support des 63 000 dollars sur Bitcoin, niveau clé que le marché surveille depuis la correction de la semaine dernière.
Bitcoin à 62 800 dollars, à l’heure d’écrire ces lignes, des missiles au-dessus de Tel Aviv, le KOSPI en chute et 13 jours consécutifs de sorties d’ETF. On a connu des lundis plus tranquilles. Ce qui frappe dans cette séquence, c’est la normalisation : le marché crypto a désormais appris à vivre avec la guerre comme bruit de fond. Pas à l’ignorer, à l’absorber, lentement, brutalement, mais sans paniquer totalement. C’est peut-être la définition d’une maturité de marché. Ou d’une anesthésie collective. Les deux ne sont pas incompatibles
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