C’est sous le soleil d’Ibiza, en juillet dernier, que nous avons rencontré Erald Ghoos, CEO d’OKX Europe. Profitant d’un événement privé réunissant acteurs du secteur et partenaires institutionnels, le dirigeant s’est prêté au jeu des questions-réponses sans filtre. Entre deux cocktails et une vue imprenable sur la Méditerranée, il a pris le temps de décrypter pour nous le raz-de-marée MiCA, l’afflux record de nouveaux utilisateurs européens, et la stratégie offensive de la plateforme sur le Vieux Continent. Voici les extraits les plus percutants de cet échange privilégié.
Cet article contient des liens d’affiliation vous permettant de soutenir le travail quotidien des équipes du Journal du Coin.
Une licence MiCA obtenue dès janvier 2025 : un pari qui a payé
« Nous savions que 80 % des entreprises cryptos ne survivraient pas à la transition MiCA, soit en fermant, soit en quittant le marché européen. Nous avons déjà commencé à voir ce scénario se réaliser. »
Ce constat, pour alarmiste qu’il soit, est étayé par les événements récents. Binance a en effet vu son application retirée des stores européens suite à son échec d’obtention de licence. Un coup de semonce qui a provoqué un exode massif des utilisateurs vers les plateformes déjà en règle.
« Nous avons observé une accélération des migrations ces derniers mois. Au cours de la semaine précédant la date limite du 1er juillet, les dépôts sur OKX Europe ont été multipliés par 5,5 par rapport à avril, et près de 90 % de ces dépôts provenaient d’utilisateurs quittant des plateformes non agréées. »
Alors que les concurrents jouaient la montre, OKX capitalise sur plusieurs années de préparation minutieuse, peaufinant sa gamme de produits réglementés. Cela se traduit aujourd’hui dans les classements.
« Depuis un mois, notre application est devenue l’application crypto la plus téléchargée en Europe. Nous avons passé les trois dernières années à nous préparer pour ce moment. »
Ce n’est donc pas un hasard si la plateforme sort du lot !

X-Perps, la réponse d’OKX au talon d’Achille du marché européen
Interrogé sur la principale faiblesse du marché européen, le dirigeant d’OKX ne mâche pas ses mots. Pour lui, le constat est sans appel : l’Europe réglementée a laissé un vide béant dans l’offre de produits innovants, poussant les traders les plus exigeants vers les zones grises.
Un manque d’autant plus criant que les chiffres parlent d’eux-mêmes. La grande majorité des volumes échappe encore aux plateformes agréées, au détriment de la sécurité des investisseurs européens.
« Nous estimons qu’environ 95 % des transactions sur produits dérivés en Europe se font encore sur des plateformes offshore non réglementées. C’est un véritable vide. »
C’est précisément pour colmater cette brèche qu‘OKX a lancé X-Perps. L’ambition : offrir sur une plateforme agréée ce que les traders étaient jusqu’ici obligés d’aller chercher ailleurs. Avec un argument de taille : une liquidité et des spreads compétitifs, le tout adossé à une licence européenne.
« C’est précisément pour combler cette lacune que nous avons conçu X-Perps. Les traders peuvent accéder à de la liquidité et à des spreads serrés sur une plateforme européenne agréée. Cela couvre déjà plus de 80 marchés, incluant les cryptos, les actions, les matières premières et les ETF, avec un effet de levier jusqu’à 10x et un prix d’entrée bloqué, ce qui réduit le glissement de cours (slippage) à l’ouverture ou à la fermeture d’une position. »
Reste à convaincre les 95 % d’utilisateurs encore réfugiés sur les plateformes offshore de faire le grand saut vers le marché réglementé.
La France, terrain de jeu prioritaire pour l’ambition européenne d’OKX
Si l’Europe est dans le viseur d’OKX, tous les marchés ne se valent pas. Interrogé sur la place de l’Hexagone dans la stratégie du groupe, le dirigeant ne laisse planer aucun doute.
« La France est l’un de nos marchés prioritaires en Europe. »
Une déclaration qui n’a rien d’un vœu pieux. Depuis plusieurs mois, la plateforme multiplie les investissements concrets pour s’implanter durablement dans l’écosystème français.
« Nous avons déjà entièrement localisé notre produit en français, mis en place un service client local et développé notre équipe. »
Une feuille de route qui ne s’arrête pas là. Dans les mois à venir, OKX entend pousser l’intégration locale encore plus loin, en façonnant son offre non pas pour le marché européen, mais spécifiquement pour les besoins des utilisateurs français.
« Pour un utilisateur français dans six mois, cela se traduira par une plateforme qui semble conçue pour le marché local, et non pas adaptée à celui-ci. »
Cette priorité donnée à la France s’inscrit dans une ambition plus large. Car OKX ne cache pas ses intentions : devenir le numéro un du Vieux Continent. Mais le dirigeant se garde bien de réduire cet objectif à un unique indicateur de performance. Pour lui, la véritable domination se joue sur plusieurs tableaux à la fois, dans une approche globale qui dépasse la simple course aux volumes. La taille compte, mais elle ne fait pas tout.
« Je regarderais la combinaison : la croissance des utilisateurs réglementés, les volumes et la liquidité, l’adoption institutionnelle, et le nombre de partenaires institutionnels sérieux qui font assez confiance à l’infrastructure pour la construire. »
Ainsi, OKX ne cherche pas à conquérir le marché à tout prix, mais à bâtir un écosystème de confiance où institutionnels comme particuliers trouveront leur compte. Et l’offre de bienvenue actuelle, couplée au bonus de 8 % sur les dépôts, est l’exemple type des bénéfices que peuvent tirer les utilisateurs de la plateforme.
OKX, au-delà du simple exchange : l’infrastructure financière de demain
Si OKX a bâti sa réputation sur l’échange de cryptomonnaies, la plateforme ne cache plus ses ambitions au-delà du simple trading. Interrogé sur les propos de son fondateur, Star Xu, concernant une expansion vers les actions tokenisées, la TradeFi ou les marchés de prédiction, le dirigeant confirme que le mouvement est déjà en marche.
« Une partie de ces produits est déjà disponible ici. Les traders européens peuvent déjà s’exposer 24h/24 et 7j/7 aux actifs TradFi, y compris les actions américaines populaires, les ETF et les matières premières comme l’or, l’argent et le pétrole, via X-Perps. »
OKX avance avec prudence : toute nouvelle offre devra passer l’écueil des régulations locales, comme le cadre MiFID II.
« Nous continuerons à développer les produits disponibles localement, et nous étudions ce à quoi des versions conformes de ces produits pourraient ressembler ici. Tout produit que nous proposons en Europe doit être conforme aux réglementations locales et aux licences que nous détenons. »
Cette extension des produits n’est pourtant que la partie émergée d’une vision bien plus large. Car OKX ne se voit plus comme un simple exchange, mais comme l’architecture de demain.
« Je pense qu’avec le temps, la crypto sera intégrée dans l’ensemble du secteur financier. C’est l’architecture sous-jacente qui fonctionne sur des rails cryptographiques. Nous construisons pour cet avenir. »
Envie d’en savoir plus sur OKX ? On passe la plateforme au crible pour vous ici.
L’article MiCA, X-Perps, France : les 3 chantiers gagnants d’OKX décryptés par son CEO est apparu en premier sur Journal du Coin.
