Le cessez-le-feu entre Washington et Téhéran n’aura pas tenu longtemps. Depuis les attaques du 7 juillet contre trois navires commerciaux près du détroit d’Ormuz, l’escalade n’a fait que s’accélérer : Washington a rétabli ses sanctions sur le pétrole iranien, Téhéran a annoncé la fermeture du détroit « jusqu’à nouvel ordre », et les États-Unis ont mené ce 12 juillet de nouvelles frappes. Sur cette artère par laquelle transite un cinquième du pétrole mondial, le trafic s’est quasiment arrêté. Le pétrole s’envole, les bourses vacillent. Et Bitcoin ? Il regarde ailleurs.
- Le détroit d’Ormuz a été fermé par l’Iran, provoquant un choc sur les marchés pétroliers et une forte hausse des prix du pétrole.
- Malgré les tensions géopolitiques et économiques, Bitcoin a montré une remarquable stabilité, ignorant les fluctuations traditionnelles des marchés financiers.
Ormuz, l’artère qui saigne l’économie mondiale
Le détroit d’Ormuz, c’est un goulet de quelques dizaines de kilomètres entre l’Iran et Oman par lequel passent environ 20 millions de barils de pétrole par jour. Le fermer, c’est toucher directement au système nerveux énergétique de la planète.
Depuis mardi, plus aucun grand navire n’a traversé la voie coordonnée par les États-Unis en diffusant sa position, rapportait Al Jazeera le 10 juillet 2026 : le trafic via la route longeant Oman a « pratiquement cessé ».
Nous suivions déjà la montée des tensions dans notre récap sur l’escalade Iran-États-Unis et la fermeture du détroit d’Hormuz, et depuis, rien ne s’est arrangé. Résultat sur les prix : le Brent a grimpé d’environ 5 % sur la semaine, autour de 76 dollars le baril, après un pic à +6 % le 8 juillet.
Les marchés actions n’ont pas mieux encaissé le choc. Le CAC 40 a perdu plus de 2 % début juillet, dans le sillage du DAX et du FTSE 100. Même l’or, valeur refuge par excellence, a reculé : signe que les investisseurs lisent cette crise moins comme un choc géopolitique classique que comme un événement qui va peser sur les taux d’intérêt.

Bitcoin, le grand indifférent
Alors que le pétrole s’enflamme et que l’or décroche, Bitcoin, lui, ne bronche presque pas. Il évolue autour de 63 800 dollars ce 12 juillet, avec des variations « marginales » malgré les nouvelles frappes américaines.
Il y a bien eu un accès de nervosité en milieu de semaine dernière (une chute sous les 62 000 dollars), mais le rebond a suivi presque aussitôt, Bitcoin repassant au-dessus de 63 000 dollars dès le lendemain. Ether a suivi le même chemin, sans drame.

Ce calme n’est pas une preuve que la crypto serait devenue une valeur refuge au même titre que l’or. C’est plutôt le symptôme d’un marché qui a pris l’habitude des embrasements au Moyen-Orient. Les traders sont de plus en plus désensibilisés aux chocs géopolitiques répétés depuis le début de l’année, au point de traiter ces annonces comme du bruit de fond plutôt que comme un signal de vente.
Autre lecture, plus structurelle, et nous l’évoquions déjà dans notre analyse sur le Bitcoin et le S&P 500 : Bitcoin suivrait aujourd’hui de plus près les rendements des bons du Trésor américain à court terme que les indicateurs de peur classiques type pétrole ou or. Autrement dit, ce n’est plus la guerre qui fait bouger son cours, c’est ce que la Fed va en faire.
« Calme » ne veut pas dire « immunisé ». Si Ormuz restait fermé plusieurs semaines, la facture énergétique finirait par se répercuter sur l’inflation, donc sur les taux, donc, indirectement, sur les actifs risqués dont Bitcoin fait toujours partie malgré son storytelling de valeur refuge.
L’article Ormuz s’embrase, Wall Street tremble : Pourquoi Bitcoin hausse à peine les sourcils est apparu en premier sur Journal du Coin.
