Sherrod Brown pensait peut-être en avoir fini avec Fairshake. Raté. Le Sénat a enterré le CLARITY Act la semaine dernière, et le plus gros super PAC pro-crypto des États-Unis en tire déjà les conséquences : 30 millions de dollars pour empêcher l’ancien sénateur démocrate de retrouver son siège en Ohio en novembre. Un scénario qui sent le déjà-vu.
- Le super PAC pro-crypto Fairshake a engagé 30 millions de dollars pour empêcher Sherrod Brown de retrouver son siège au Sénat de l’Ohio.
- Dans un contexte politique tendu, la guerre des financements entre les super PACs pro-crypto s’intensifie à l’approche des élections de novembre.
Un remake du remake de 2024
Fairshake avait déjà déboursé près de 40 millions de dollars en 2024 pour aider le républicain Bernie Moreno à évincer Brown, alors président de la commission bancaire du Sénat et l’un des visages les plus hostiles à l’industrie sur la colline du Capitole. Ça avait marché. Brown veut sa revanche cette année, face au sénateur sortant Jon Husted. Fairshake remet donc le couvert, selon les informations de CoinDesk, avec le même objectif : verrouiller la commission bancaire pour la législature suivante. C’est là que se jouent les nominations réglementaires et les textes qui régissent le secteur, pas dans les tweets.
Le porte-parole du PAC, Geoff Vetter, ne s’en cache pas : la campagne visera directement le bilan de Brown à coups de publicités et de mailings. Et l’argent ne manque pas. Fairshake et ses structures affiliées disposent encore d’un peu plus de 90 millions de dollars de réserves après cet engagement.
Warren en embuscade, Husted sous pression
Le calcul de Fairshake dépasse la seule personne de Brown. Depuis son départ, Bernie Moreno a permis à la commission bancaire de faire avancer une régulation sur les stablecoins et de faire passer de justesse le CLARITY Act, retoqué depuis par le Sénat dans son ensemble. Un retour de Brown remettrait ce fragile équilibre en question. Sauf qu’un autre nom, celui d’Elizabeth Warren, circule pour présider la commission si les démocrates reprennent la chambre. Son hostilité à la crypto n’a rien à envier à celle de Brown. Autrement dit, éliminer un adversaire n’élimine pas forcément le suivant.
Sur le terrain, rien n’est joué. Les cotes du marché Polymarket créditent, elles, Brown d’environ 55 % de chances de l’emporter (cotes au 22 septembre, 8h30). L’équipe de campagne de Husted, en tout cas, a mal pris l’aide financière. « Jon Husted est à vendre, et les milliardaires et entreprises qui déversent des millions dans cette course le savent », a tacklé Patrick Eisenhauer, directeur de campagne de Brown, cité par CoinDesk.
Fairshake n’a pas fait carton plein cette année : 12 millions de dollars ont suffi pour installer Barry Moore en Alabama, mais 10 millions se sont révélés insuffisants pour empêcher l’élection de Juliana Stratton dans l’Illinois. L’Ohio version 2026 dira si la recette de 2024 fonctionne encore une seconde fois sur la même cible, ou si Brown a appris à parer le coup. De quoi confirmer, en tout cas, que la guerre des chèques entre PAC crypto ne fait que commencer à l’approche du 3 novembre.
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