Après les paris prédictifs et les actions tokenisées via sa coentreprise avec OKX, Intercontinental Exchange (ICE), la maison mère du NYSE, ajoute une pièce à son puzzle blockchain. Elle vient de nouer un partenariat avec tZERO, une plateforme spécialisée dans les titres tokenisés (des actions représentées par un jeton numérique, échangeable comme une cryptomonnaie), pour bâtir l’infrastructure de sa future plateforme de titres numériques adossée à la Bourse de New York. Au menu, un investissement, une licence sur plus d’une centaine de brevets, et un rôle de partenaire de conception de tout premier plan.
- ICE a noué un partenariat stratégique avec tZERO pour développer une plateforme de titres numériques adossée au NYSE.
- tZERO a accordé à ICE une licence sur un portefeuille de 103 brevets blockchain, tout en poursuivant un concurrent pour violation présumée de ces mêmes brevets.
ICE et tZERO main dans la main pour tokeniser les actions du NYSE
Les deux entreprises ont signé un protocole d’accord faisant de tZERO le partenaire de conception privilégié pour l’infrastructure d’agent de transfert numérique et de courtage de la future « Digital Trading Platform » d’ICE, selon le communiqué conjoint publié lundi.
ICE investit dans le dernier tour de financement de tZERO, montant non communiqué, et reçoit en échange une licence sur son portefeuille de brevets blockchain : 23 familles, 103 brevets au total, qui couvrent :
- les transferts conformes à la réglementation,
- les contrats intelligents évolutifs,
- la gestion des opérations sur titres.
Par ailleurs, et sous réserve des feux verts réglementaires, tZERO devrait aussi devenir agent de transfert agréé sur la plateforme.
« L’expérience de tZERO dans l’infrastructure on-chain régulée en fait un partenaire précieux pour notre futur programme d’agent de transfert numérique »
Michael Blaugrund, vice-président des initiatives stratégiques d’ICE
Son homologue chez tZERO, le PDG Alan Konevsky, ne cache également pas son enthousiasme :
« Nous avons passé des années à construire une plateforme régulée de bout en bout pour les titres tokenisés. »
Les deux partenaires vont même explorer l’usage des actifs tokenisés de tZERO comme collatéral dans les chambres de compensation d’ICE.
ICE multiplie les paris blockchain, du NYSE à Polymarket en passant par OKX
Vous voyez le motif se dessiner ? ICE en empile plusieurs paris sur la même table. En juin, la maison mère du NYSE a formé une coentreprise à parts égales avec OKX pour développer une infrastructure commune destinée aux actifs tokenisés, après avoir investi dans l’exchange à une valorisation de 25 milliards de dollars en mars. Les deux partenaires se sont aussi associés sur des contrats perpétuels pétroliers, une autre pièce du même rapprochement.

Sans oublier aussi Polymarket, où ICE a englouti jusqu’à 1,6 milliards de dollars depuis octobre 2025, une plateforme aujourd’hui valorisée 21 milliards de dollars après un tour de table mené par le fonds de Donald Trump Jr. Une seule logique derrière tout ça. Verrouiller un maximum d’infrastructures avant que la tokenisation ne devienne la norme plutôt que l’exception.
tZERO licencie ses brevets à ICE, tout en poursuivant un concurrent pour les mêmes technologies
Attention, il y a quand même un os. tZERO a envoyé en juin une mise en demeure à Securitize, un concurrent direct dans la tokenisation, exigeant l’arrêt de deux de ses produits pour violation présumée des brevets, précisément ceux que Securitize conteste avoir enfreints. tZERO se présente donc à la fois comme partenaire de confiance d’ICE et comme plaignant vis-à-vis d’un rival sur cette même propriété intellectuelle. Un détail qui n’enlève rien à l’accord signé avec ICE, mais qui rappelle que la course à la tokenisation se joue aussi devant les tribunaux, pas seulement dans les salles de conseil.
tZERO n’est pas non plus un inconnu du secteur. Elle avait décroché dès 2024 l’agrément pour conserver des actifs numériques, l’une des toutes premières entreprises américaines à l’obtenir. De quoi expliquer pourquoi ICE a préféré miser sur elle plutôt que sur un autre acteur.
Le Nasdaq, de son côté, a lui aussi demandé le feu vert de la SEC pour lister des actions tokenisées. La course entre les deux plus grandes places boursières américaines ne fait donc que commencer, et elle se joue désormais sur le terrain des brevets autant que sur celui de la régulation.
L’article RWA : La maison mère du NYSE, mise sur tZERO pour tokeniser Wall Street est apparu en premier sur Journal du Coin.
