Tout ce qui brille n’est pas or. Les milliards déversés dans l’intelligence artificielle devaient soutenir l’économie américaine envers et contre tout. Le chiffre publié ce trimestre vient nuancer sérieusement ce récit : la croissance du PIB (produit intérieur brut, la mesure de référence de la richesse produite par un pays) déçoit nettement les attentes, malgré des investissements records dans les centres de données et l’infrastructure IA.
- La croissance du PIB américain a déçu avec un taux de 1,5 %, bien en dessous des prévisions de 2,1 %, malgré des investissements records dans l’IA.
- Les importations de puces électroniques ont contribué à creuser le déficit commercial, impactant ainsi l’économie américaine.
Un ralentissement net, loin du consensus
Selon NBC News, l’estimation avancée du département du Commerce donne une croissance annualisée de 1,5 % pour le deuxième trimestre 2026, très en dessous des 2,1 % anticipés par les économistes et en net repli par rapport au rythme d’environ 2,1 % enregistré au premier trimestre.
Un chiffre qui n’a rien d’anecdotique : c’est l’un des ralentissements les plus marqués depuis plusieurs trimestres.
Le déficit commercial explique une bonne partie du trou d’air. Les importations de puces électroniques et d’autres composants nécessaires à l’essor de l’IA pèsent lourd dans la balance, creusant le déficit à un rythme que la consommation intérieure, pourtant solide, n’a pas suffi à compenser.

L’IA investit, mais ne produit pas (encore)
C’est peut-être la donnée la plus intéressante du rapport : malgré des investissements IA qui restent élevés, aucune preuve concrète d’un vrai gain de productivité ne se dégage encore des chiffres macroéconomiques.
Trois trimestres consécutifs de croissance de la productivité jugée faible, alors même que les entreprises technologiques répètent, résultats trimestriels après résultats trimestriels, que l’IA transforme déjà leur activité en profondeur.
Autrement dit, l’argent rentre dans les data centers plus vite que les gains de productivité ne sortent de l’autre côté. Un décalage temporel classique pour ce genre de révolution technologique, diront les optimistes. Un signal d’alerte sur la rentabilité réelle du pari, diront les sceptiques.
Consommation solide, mais équilibre fragile
Bonne nouvelle malgré tout : la consommation des ménages tient, portée notamment par les véhicules, l’ameublement et les médicaments sur ordonnance. Un pilier qui a longtemps porté à bout de bras l’économie américaine, et qui continue de le faire, même quand les autres moteurs calent.
Ce ralentissement pose une question qui dépasse le seul trimestre écoulé : celle de la soutenabilité d’un modèle de croissance où les hyperscalers dépensent des centaines de milliards en infrastructure IA, sans que cela se traduise, pour l’instant, par une accélération visible du PIB. Un déséquilibre que même le marché des cryptomonnaies, toujours sensible aux moindres signaux de ralentissement macroéconomique, ne manquera pas de scruter dans les prochains mois.
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