Actions tokenisées : 9 entreprises opposent leur veto à OKX-ICE, le Nasdaq se retire

Invitation déclinée. Broadcom, Verizon, UnitedHealth, CoreWeave et cinq autres sociétés américaines ont fait savoir qu’elles ne voulaient pas voir leurs actions tokenisées sur OKX-ICE. Le Nasdaq a fait le même choix pour ses propres titres. La coentreprise d’OKX et du propriétaire du NYSE avait pourtant déposé début octobre un projet portant sur 63 actions américaines tokenisées. Huit des neuf objecteurs figuraient dans cette liste. Leur refus ne doit rien au hasard. La SEC leur a donné les moyens de dire non.

Les points clés de cet article :

  • Des sociétés américaines majeures, incluant Broadcom et Verizon, ont refusé la tokenisation de leurs actions sur la plateforme OKX-ICE, alimentant un débat sur les implications de cette technologie.
  • La SEC a mis en place un mécanisme permettant aux entreprises de s’opposer à la tokenisation de leurs actions, ce qui a conduit certaines à exprimer des préoccupations quant à la volatilité et à la perception des investisseurs.

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Qui a dit non aux actions tokenisées, et le seul qui a dit pourquoi

La liste des neuf tient en une ligne : Broadcom, Verizon, UnitedHealth, AppLovin, Applied Digital, Rocket Lab, CoreWeave, Applied Optoelectronics et Cerebras. Huit d’entre elles faisaient partie des 63 tickers visés, Cerebras non. La notice publiée par OKX-ICE le 15 octobre ne dit ni pourquoi ces sociétés ont objecté, ni quand elles ont déposé leur refus.

Une seule a parlé. Une porte-parole d’Applied Optoelectronics a expliqué au Wall Street Journal que l’entreprise ignorait l’effet qu’aurait la tokenisation sur son cours, sa liquidité et sa volatilité. Elle redoutait aussi que les investisseurs la croient impliquée dans une offre qu’elle n’a ni parrainée ni approuvée. L’opération n’apportait selon elle aucun bénéfice clair « pour AOI ou nos actionnaires ». Reid Noch, de TD Securities, observe que plusieurs émetteurs ont découvert ce cadre après son annonce et en ont tiré des inquiétudes sérieuses.

Le droit de veto que la SEC a glissé dans son exemption

Qui ne dit mot consent, et la SEC a écrit la règle en toutes lettres. Quand un tiers tokenise l’action d’une société sans elle, la plateforme doit prévenir l’entreprise au moins trente jours calendaires avant le début des échanges, rapporte The Block le 17 octobre. L’émetteur dispose alors de trente jours pour déposer un avis d’objection. Déposé dans les temps, cet avis interdit à ce lieu de proposer le token. Sinon, le silence vaut autorisation.

Le détail qui compte est ailleurs. L’objection ne vaut que pour la plateforme qui a envoyé la notification, et chaque nouveau lieu relance son propre compteur. Brett Redfearn, président de Securitize, le formule autrement : une société peut écarter un lieu sans rejeter la tokenisation.

Actions tokenisées, les banques avancent quand les émetteurs freinent

Les banques, elles, foncent. Goldman Sachs, Wells Fargo et Morgan Stanley voient la tokenisation comme un relais de croissance plutôt qu’une menace, rapportait CoinDesk le 17 octobre. Les sociétés dont les actions seraient tokenisées se montrent nettement moins pressées.

Le Nasdaq joue double jeu. La bourse refuse la tokenisation de ses propres actions dans une FAQ publiée sur son site. Elle ne veut pas les voir s’échanger sur un lieu qui n’affiche pas les meilleurs prix en temps réel et ne remonte pas au consolidated tape, le flux qui agrège les données de transaction du marché américain. Elle reste favorable à la tokenisation par ailleurs, et la SEC a approuvé son propre pilote. OKX-ICE maintient de son côté son lancement pour des dizaines de sociétés, dont Nvidia, Apple, Microsoft, Amazon, Alphabet, Tesla, JPMorgan Chase et Walmart. Andrew Cuomo, coprésident de la coentreprise, s’attendait au scepticisme et présente le projet comme un premier pas vers la tokenisation des titres.

L’exemption accordée par la SEC court sur cinq ans et plafonne le dispositif à 75 puis 250 symboles, pour 0,25 % puis 2,5 % du volume quotidien. Rodrigo Seira, associé chez Cooley, y voit un terrain d’observation avant l’écriture des règles permanentes. Le même Nasdaq qui écarte ses propres tokens chiffrait en milliards le collatéral que la tokenisation pourrait libérer. Huit refus sur soixante-trois. Le compteur de trente jours repartira à zéro devant la prochaine plateforme.

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