BTC sur AAVE : 4 points pour comprendre le Custodied Collateral Lending

On ne prête qu’aux riches. Aave pousse un cran plus loin sa conquête de la finance institutionnelle. Après Horizon, sa plateforme dédiée aux actifs tokenisés du monde réel (RWA), place au Custodied Collateral Lending. Concrètement : des institutions pourraient bientôt emprunter des stablecoins contre des actifs qui ne quittent jamais leur coffre-fort habituel. Ni transfert. Ni token échangeable. Juste une preuve cryptographique que l’argent est bien là. Résultat : Aave élargit encore son public, sans toucher à une seule ligne de ses marchés existants.

Les points clés de cet article :

  • Aave a élargi sa stratégie institutionnelle en introduisant le Custodied Collateral Lending, permettant d’emprunter des stablecoins sans transfert d’actifs.
  • Anchorage et Chainlink collaborent pour sécuriser et synchroniser les actifs, avec un jeton CoCT non transférable servant de collatéral.

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1. Le Custodied Collateral Lending, c’est quoi au juste ?

Aujourd’hui, pour emprunter sur Aave, il faut déposer un collatéral (une garantie) directement on-chain, c’est-à-dire sur la blockchain.

Or, beaucoup d’institutions ne peuvent tout simplement pas faire ça. Pour des raisons réglementaires ou de politique interne, leurs actifs restent légalement chez un dépositaire agréé, un custodian.

Le Custodied Collateral Lending contourne l’obstacle : l’actif reste chez le dépositaire, et seule une preuve de son existence circule on-chain. C’est cette preuve, et elle seule, qui sert de garantie pour emprunter des stablecoins.

2. Anchorage, Chainlink et le token CoCT : la mécanique concrète

Trois acteurs se partagent le travail, selon la proposition publiée sur le forum de gouvernance d’Aave le 14 septembre par Aave Labs.

Anchorage joue le rôle de dépositaire agréé : il conserve l’actif, du bitcoin pour ce premier cas d’usage, pendant toute la durée du prêt.

Chainlink, de son côté, synchronise en permanence l’état du compte chez Anchorage avec la blockchain, via une solution baptisée CustodySync.

À la clé : un jeton non transférable, le Custodied Collateral Token (CoCT). Il représente le solde custodié et sert de collatéral sur un « Spoke », une brique isolée de la V4 d’Aave. Impossible de le vendre. Impossible de le déplacer ailleurs. Il ne sert qu’à emprunter. Mieux : son plafond de retrait est fixé à zéro, en permanence. Le token ne peut donc jamais sortir de ce circuit fermé.

3. Pourquoi Aave s’y met maintenant

La logique est d’abord économique. Le protocole vise une réserve d’actifs traditionnels évaluée en milliers de milliards de dollars, jusqu’ici totalement fermée à la DeFi (la finance décentralisée).

Pour Aave, chaque nouveau dépositaire intégré rapporte de la demande d’emprunt en stablecoins, sans entrer en concurrence avec les réserves déjà existantes.

Pour les institutions, la promesse est différente : elles peuvent désormais accéder au crédit on-chain sans jamais transférer leurs actifs hors de leur dépositaire habituel. C’était justement l’obstacle qui les tenait à l’écart. Autre atout : le CoCT est pensé comme un standard réutilisable. Chaque nouveau dépositaire onboardé s’ajoute donc sans repartir de zéro.

4. Ce qui reste encore à trancher pour Aave

Rien n’est joué pour autant. Le texte publié le 14 septembre ne fixe ni le taux de collatéralisation, ni la prime de liquidation, ni les plafonds d’emprunt. Ces paramètres viendront plus tard, proposés par les prestataires de gestion des risques de la DAO, l’organisation autonome décentralisée qui gouverne Aave.

La procédure suit ensuite le circuit classique de la gouvernance Aave : discussion communautaire (ARFC), vote Snapshot, puis proposition on-chain définitive (AIP). Autre particularité : la liquidation. En cas de défaut, c’est Anchorage qui vend l’actif de gré à gré, c’est-à-dire directement à un acheteur plutôt que via un marché organisé, et non un robot de liquidation classique. Une passerelle bien huilée entre deux mondes, en somme. Mais qui repose encore, au fond, sur la confiance qu’on accorde au dépositaire.

Après les fonds monétaires tokenisés d’Horizon et les agents IA capables de piloter ses positions, Aave ajoute donc une nouvelle brique à sa stratégie d’ouverture institutionnelle. Chaque brique élargit un peu plus le public que la DeFi peut toucher. Mais elle l’éloigne aussi, un peu plus, de son idéal fondateur : ne dépendre d’aucun tiers de confiance.

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