Une carte pour revendiquer un détroit. Donald Trump a publié ce mardi 18 août sur Truth Social une image présentant le détroit d’Ormuz comme un « nouveau territoire des États-Unis ». La carte stylisée entoure le passage maritime situé entre l’Iran et Oman, sans autre commentaire. Cette publication intervient quatre jours après une déclaration prononcée dans une académie de police de Garden City, dans l’État de New York. Le président américain avait alors affirmé qu’il déclarerait « bientôt » le détroit territoire américain, après avoir « fini de vaincre l’Iran ».
Points clés
- Donald Trump a partagé une carte présentant le détroit d’Hormuz comme un nouveau territoire des États-Unis et affirme en avoir « le contrôle total »
- Le détroit, large de 33 kilomètres au plus étroit, est régi par le droit de passage en transit de la CNUDM et voit passer environ 20 millions de barils par jour
Donald Trump affirme contrôler le détroit d’Ormuz
Lors de son discours du 14 août, Donald Trump a justifié cette éventuelle revendication par la présence militaire américaine dans la région. Selon lui, le blocus permettrait déjà aux États-Unis de décider quels navires sont autorisés à emprunter le détroit.
Interrogé de nouveau quelques jours plus tard, il a affirmé « aimer l’idée » d’en faire un territoire américain et disposer d’un « contrôle total » sur le passage. Ces déclarations décrivent la position de Donald Trump, mais ne permettent pas d’établir l’existence d’un contrôle territorial américain reconnu.
Le vice-ministre iranien des Affaires étrangères Kazem Gharibabadi a rejeté cette revendication. Il a affirmé que le détroit « a été iranien, est iranien et restera iranien », ajoutant qu’il ne pouvait pas être saisi par une publication, un porte-avions ou un décret.
Cette réponse présente toutefois elle aussi une vision contestable du statut du passage. Le détroit ne relève pas uniquement de l’Iran : il sépare les côtes iraniennes de la péninsule de Musandam, territoire du sultanat d’Oman. Les voies de circulation maritime ont d’ailleurs été proposées conjointement par les deux pays avant leur adoption par l’Organisation maritime internationale en 1968.

Une revendication sans fondement en droit international
Une publication sur Truth Social ou une déclaration présidentielle ne peut modifier la souveraineté territoriale. Le détroit d’Ormuz est considéré comme un passage utilisé pour la navigation internationale. La Convention des Nations unies sur le droit de la mer y garantit un droit de passage en transit aux navires de tous les États.
L’Organisation maritime internationale rappelle que les pays riverains ne peuvent fermer un tel détroit ni imposer unilatéralement des péages ou des conditions discriminatoires. Une présence militaire, même accompagnée d’un contrôle de fait sur certains mouvements, ne crée donc aucun titre de souveraineté.
L’enjeu économique explique néanmoins la portée de ces déclarations. Avant la guerre, plus d’un quart du pétrole échangé par voie maritime et environ 20 % du commerce mondial de gaz naturel liquéfié transitaient par Ormuz, selon l’Agence américaine d’information sur l’énergie.
Les perturbations ont réduit les flux et soutenu les cours du pétrole. L’EIA prévoit un Brent moyen proche de 85 dollars au troisième trimestre 2026, avant un possible recul vers 78 dollars au quatrième trimestre si le trafic et la production redémarrent progressivement.
La carte publiée par Donald Trump ne transforme donc pas le détroit d’Ormuz en territoire américain. Elle prolonge surtout une stratégie de pression sur l’Iran autour d’un passage indispensable au commerce énergétique mondial. Tant qu’aucun accord ne garantit la reprise durable de la navigation, le principal effet restera économique : une offre pétrolière contrainte et des prix exposés à chaque nouvelle escalade. Le président américain adore provoquer et déclencher de vives polémiques, en voici une de plus à mettre à son actif.
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